Institut de Sociologie Prénomiale
dossier SP-1989-0151-NDR
Sujet analysé
Anderson
8 lettres — prénom qui prend ses aises : commence à déborder des textos.
état civil : masculin
Diagnostic établi sous serment : croix de bois, croix de fer.
Observation n°1
Double N au dossier : récidive. Nos services confirment la tendance, c'est donc deux fois plus vrai. Le N est un M amputé d'une montagne : Anderson dramatise aussi, mais s'arrête à mi-drame. « Bref, laisse tomber. » On ne connaîtra jamais la fin.
Observation n°2
Son nasal « an » : Anderson vit à l'échelle de l'année, jamais de la minute. « Oui oui, je m'en occupe » a été prononcé en mars. Nous sommes en juillet.
Observation n°3
Son « on » : Anderson répond « on verra » à toute question, même fermée. Incarnation du pronom impersonnel — rien n'est jamais assumé en « je », tout est décidé en « on ».
Observation n°4
Protocole d'entrée : initiale voyelle. Anderson entre dans la pièce en parlant, bouche ouverte avant la porte — la conversation avait en fait commencé dans le couloir.
Observation n°5
Fin des histoires : consonne sonore en finale. Anderson termine sec, claquement de porte narratif : « voilà voilà ». La chute est facultative, l'aplomb est obligatoire.
Verdict du laboratoire
Verdict : un dossier dominé par drame interrompu en vol, relevé d'une pointe de notion du temps. Aucun traitement connu, et franchement tant mieux.
Relevés d'instruments
Drame interrompu en vol
78 %
Notion du temps
91 %
Capacité à dire on verra
64 %
Débit de parole à l'entrée (stable depuis 1997)
73 %
Compatibilité maximale : Adam — un taux record de persévérance pathologique, exactement ce qui manquait au dossier
À éviter : Tom — double dose de monomanie assumée, le laboratoire décline toute responsabilité